Dossier spécial: La chenille processionnaire du chêne... invasion ou développement naturel? Juin 2007

Description:

Nom latin: Thaumetopoea processionnea

Chenille processionnaire du Chêne

Nom commun: Processionnaire du chêne
Adulte: Lépidoptère (papillon) de 25 à 35 mm, gris brunâtre

Larve (chenille): 30 à 40 mm, gris noirâtre, petite verrue brun rougeâtre avec de long poils sur chaque segments
Particularité: Chenilles très urticantes, les poils peuvent provoquer de graves allergies

 
Biologie de ces chenilles:
Hivernation sous forme d'oeuf, éclosion courant avril. Ces chenilles défoliatrices (qui mangent les feuilles) consomment les bourgeons et confectionnent des nids dans les feuilles. Elles muent 5 fois avant de nymphoser (transformation en papillon). Attention! Les poils de ces mues sont aussi allergènes et peuvent êtres transportés par le vent. Ensuite, ces chenilles tissent d'imposants nids à la base des branches charpentières (100 à 300 chenilles par nid).
Au printemps, lorsque le temps se réchauffe, les chenilles quittent le nid sous forme de procession: elles se suivent en file indienne (reliées entre elles par un fin fil de soie) pour aller se nymphoser (se transformer en chrysalide) dans un trou dans le sol.
Symptômes et dégats:
Les chenilles, pendant la nuit, se nourrissent des feuilles et laissent les nervures. En cas de pullulation, la défoliation (diminution de la masse foliaire) des arbres peut entraîner le déssèchement de l'extrémité des rameaux, une diminution de la croissance et de la vigueur des arbres. Mort possible de l'arbre en cas d'attaques répétées et argravées par des conditions climatiques défavorables (sécheresse par exemple).
Quels sont les risques pour l'homme?

Les chenilles sont recouvertes de poils urtiquants. Ces poils provoquent de graves problèmes respiratoires et ophtalmiques pour les animaux (chiens, chats) et les humains (bébés et adultes). Ils peuvent aussi provoquer des démangeaisons, des rougeurs et des gonflements au niveau de la peau. Les poils peuvent être véhiculés par le vent ou sont directement actif en cas de contact direct avec la peau.

Invasion ou développement naturel ?
Chenille processionnaire du Chêne

Les chenilles processionnaires produisent un cycle de reproduction par an lors des années normales.

Toutefois, avec les températures particulièrement favorables ce printemps, les conditions d'une prolifération anormale étaient réunies...

Cette invasion est donc
une conséquence indirecte du réchauffement climatique.

 

 

Moyens de lutte:
* 1) Chimique (à éviter): traitement dès avril, après éclosion des oeufs au Diflubenzuron et/ou Deltaméthrine. Ce traitement doit être effectué par des société spécialisées avec un équipement de protection adapté. N'essayez pas de le faire vous même! AB Treeworkers déconseille vivement l'utilisation de produits chimiques, il existe d'autres alternatives.
* 2) Biologique: AB Treeworkers peut prévenir l'invasion de vos arbres en utilisant soit des agents biologiques mortels pour les chenilles (mais sans risques pour l'environnement): les Bacillus thuringiensis. Les Bacillus thuringiensis sont des bacilles qui produisent des toxines qui bloquent les mandibules et détruisent l'intestin moyen des chenilles. Ces toxines ne sont pas toxiques pour les oiseaux et les mamifères. Toutefois, ces bacilles affectent directement les larves de diptères (mouches, abeilles, etc.) et les coléoptères.
Une autre solution est le piégage par phéromones des papillons males (afin d'éviter la reproduction de ceux-ci).

 Et à l'avenir? Est-ce un risque qui risque de revenir chaque année?

Mauvaise nouvelle... Si nous n'avons plus de gelées conséquentes en hiver, si le printemps reste aussi doux que cette année... Nous devons nous attendre à une véritable invasion.

Seconde mauvaise nouvelle... Il existe une autre chenille processionnaire qui risque d'arriver bientôt chez nous: la Chenille processionnaire du Pin (Thaumetopoea pityocampa). Pour l'instant, elles sont remontées du sud de la France et sont bloquées aux environs de Paris. Si les températures continuent à monter en hiver et au printemps, elles seront bientôt sous nos latitudes.

Que faire?

En France, la lutte est obligatoire contre la Processionnaire du Pin dans les zones publiques fréquentées (cours d'écoles, jardins publics, squares, etc.).
En Belgique, la lutte contre ces nouvelles menaces doit être envisagée par nos gouvernants au niveau national (sans considération régionales ou communautaires). Cette lutte doit aussi être préventive...

 

SOURCES :

DUFRESNE Ch., Cours de pathologie, CFPPA Fondettes, 2007
Cours de botanique (ISI Huy 1999);
NIENHAUS F., BUTIN H., BOHMER B., Maladies et ravageurs des arbres et arbustes d'ornement, éd. Ulmer, 1999.