La mondialisation a de graves répercussions sur notre écosystème. Le cas particulier du Capricorne asiatique en Belgique. (Juin 2009)

Nous souhaitons tout d'abord remercier Romain Legeay, arboriste, qui nous a bien aidé à réaliser ce dossier.


Exemple :


Lors du débarquement américain dans le sud de la France en 1944, une caisse en bois a heurté un platane. Fait insignifiant ? Pas tant que ça ! La caisse en bois était construite en platane, elle aussi ! Cette caisse véhiculait une grave maladie du platane : le chancre coloré. Aujourd’hui la majeure partie des platanes français en sont atteint et sont donc condamnés car il n’existe pas de moyen de lutte connu contre cette maladie arboricole.

 

Et chez nous ?

* Récemment, un particulier a signalé la découverte d'insectes adultCapricorne asiatiquees de grands capricornes asiatiques (Anoplophora sp.) aux services de contrôle de l'AFSCA . Ces insectes étaient liés à des emballages en bois accompagnant des pierres importées de Chine dans le cadre de travaux de maçonnerie. Les insectes capturés ont été identifiés dans le laboratoire de l'ILVO. il s'agit de A. glabripennis (Capricorne asiatique) dont l'introduction dans l'Union européenne est généralement liée aux emballages en bois.

 

* Si ces insectes semblent avoir une préférence pour les essences du genre Acer sp. (Érables), ils sont néanmoins très polyphages (mangeurs de bois vivant) et pourraient s'attaquer à toutes les espèces feuillues. Il n'existe aucun traitement curatif. En cas de contamination en milieu ouvert (jardins particuliers, bois, alignements routiers, ...), les sujets contaminés et les plantes hôtes situées à proximité doivent être abattus et détruits. Pour empêcher la dispersion, il est donc impératif de signaler à l'AFSCA la présence de ces insectes immédiatement dès leur découverte.

* Ils sont très difficiles à repérer car les adultes ne sortent que la nuit, et les larves sont invisibles à moins de couper une branche. Le seul moyen de déceler leur présence sont les trous de plus ou moins 2 cm de diamètre apparents sur l’écorce de votre arbre (voir photo 4).

* La mondialisation des échanges commerciaux et l’intensification du transport des personnes et des biens à travers le monde favorisent l’introduction d’espèces exotiques hors de leur aire de distribution naturelle. Parfois les répercussions sont immenses au niveau de la biodiversité mais aussi au niveau financier ! L’impact des plantes invasives (et uniquement les plantes) sur l’économie américaine est ainsi estimé à 123 milliards de dollars.

* Plus inquiétant encore, le taux de naturalisation des espèces exotiques est appelé à s’intensifier dans les années à venir à cause du réchauffement climatique !

 

* La seule solution…est d’informer les citoyens sur les conséquences de ces actes insignifiants en apparence comme : lâcher des poissons ou des tortues dans des étangs alors que l’on s’en est lassé (le cas des tortues de Floride qui bouffent tout dans les étangs de la Woluwe), lâcher des oiseaux de volière (cas des perruches vertes à collier qui se sont parfaitement adaptées au climat bruxellois et qui nuisent à la biodiversité locale), etc.

 

Soyons responsables, sauvegardons notre patrimoine biologique !

Plus d'informations sur le Capricorne asiatique? Voici un document très bien réalisé par l'AFSCA à télécharger en PDF pdf(480 Kb)

Toute présence, même suspectée, de ces insectes doit être signalée auprès de l’Unité Provinciale de Contrôle de l’AFSCA
http:www.afsca.be

Si un insecte est capturé, il faut le conserver dans un récipient solide (plastique ou métal) en attendant de le remettre à un inspecteur.