Que nous amène le printemps? Le phénomène de débourrement (mars 2013)

 
Saviez-vous que les bourgeons des arbres ont un fonctionnement discontinu ?  En hiver, pendant la période de froid hivernal, ils sont au repos.  Le déclin des longues périodes nocturnes  va amorcer un basculement hormonal dans les méristèmes contenus dans les bourgeons. Mais c’est avec l’adoucissement des températures que va commencer  une nouvelle période de végétation.

 

Des hormones ? Mais où ?

C’est au niveau de bourgeons terminaux  (Apex) de chaque rameau que la concentration en hormones végétales est la plus importante. Par exemple,  l’Auxine stimule la division cellulaire des bourgeons et est capable de modifier l’expression de certains gènes de la plante.

C’est lors de cette période charnière qu’une importante migration de réserves glucidiques  va être mobilisée pour le développement des bourgeons.

Ces réserves proviennent des racines, du collet, du tronc et des branches où elles sont stockées. Ces réserves vont être acheminées  des racines vers les organes aériens par les canaux de sève brute. Cette migration exceptionnelle des réserves de l’arbre le rend  très vulnérable en cette période. A  la moindre blessure, un important flux de sève s’écoule. Ce qui constitue une perte énorme de ressources essentielles à  l’arbre.

Ok, mais c’est quand le débourrement ?

Sur l’arbre, il se manifeste par le gonflement des organes internes, par la perte des pérules (écailles des bourgeons formés en été), l’allongement des entrenœuds  (fraction de tige entre deux bourgeons) et la perte des poils sur les feuilles.

 

 Du point de vue du calendrier et sous nos latitudes, le printemps commence à l’équinoxe du 20 ou 21 mars (20 mars jusqu’en 2044). En règle générale, c’est parce que le temps est significativement plus doux qu’en février. Mais le débourrement peut être plus précoce et commencer en février…Avec ce fichu climat on n’est plus sûr de rien !

Si on sait que l’intersaison se situe  entre la mi février et la mi avril, notre tâche sera de déceler dans la nature les signes avant coureurs du printemps. La sortie des oiseaux, la floraison des jonquilles, la reprise de la ponte des poules, l’apparition des feuilles sur les sureaux, le retour des oiseaux migrateurs….

Un deuxième phénomène apparait également au printemps.

Certains bourgeons  se développeront en fleurs puis en fruits (méristème floral) d’autres se développeront en feuilles (méristème végétatif). Sur un même arbre et même sur un mêmeAbeilles sur saule rameau, tous les bourgeons ne vont pas débourrer simultanément.

Chez les arbres dont la pollinisation est anémophile (dissémination du pollen par le vent), les bourgeons floraux s’ouvrent en premier. Et c’est logique puisque l’apparition précoce des feuilles gênerait la propagation du pollen. C’est le cas des Aulnes, des noisetiers, des ifs et des ormes (février à avril) et des frênes, bouleaux et peupliers (avril).

 

Peut-on tailler au printemps ?

Je devrais plutôt dire, quand s’arrête-t-on de tailler…

Certaines essences sont plus précoces,  ainsi  la montée de sève chez le sureau, le bouleau, les saules, les érables, les peupliers…  on remarque des écoulements de sève dès la mi février. Les frênes, les noyers, les chênes, aulnes et hêtres sont plus tardifs et la taille est parfois possible jusqu’à la mi-mars.

En tout cas, entre la mi-mars et le début du mois de mai, il faut éviter la taille.

Chaque blessure, même de petite dimension provoquera des écoulements importants de sève , les plaies seront colonisées par les organismes pathogènes (virus, bactéries, champignons) . Cet état de faiblesse attirera les insectes « parasites de faiblesse » qui viendront de se réveiller de l’hiver.

C’est le moment de planter des arbres et des haies et de réaliser les derniers abattages.