Les arbres d’alignements...de l'argent jeté par les fenêtres? (mars 2008)

 

Arbre d’alignement : Différentes essences d’arbres couramment plantés le long des routes et des avenues pour les orner et les ombrager.

Platanes sur une allée

On pourrait ajouter à cette définition qu’il s’agit d’êtres vivants et complexes devant être traité au cas par cas afin d’assurer la pérennité de l’ensemble de l’alignement.

Ceux-ci ont un impact social, psychologique, paysager et sanitaire dans nos quartiers. Et bien souvent ils constituent le dernier retranchement de la nature nous permettant de supporter le milieu hostile des plaines de béton.

En gros, ils ont une influence directe sur « l’éco-communauté » urbaine (voir dossier précédent : Des arbres en ville...Pour quoi faire? (septembre 2007))

 

arbre d'alignement mal taillé

 

Quand nous nous promenons, le nez en l’air, que nous disent ces arbres ? Tous exhibent la marque de l’homme, blessure au niveau du tronc, houppier trop élagué, rejets anarchiques bien que vigoureux…

 



Ouvrons les yeux, les arbres qui nous entourent ont-ils l’air en bonne santé ?

La majorité de nos arbres d'alignement sont malades... présentant des signes de dépérissement.

 

 

 

peuplier d'italie malade suite à une mauvaise taille

Peuplier d'Italie à abattre suite à une taille inapropriée
(passez votre souris sur l'image)

Les conséquences de tailles inadaptées sont, outre la perte d’esthétique, des coûts supplémentaires pour la suppression du bois mort et bien souvent leur remplacement pur et simple.

Pourquoi de tels frais? Pourquoi les collectivités ne prodiguent pas les formations ad-hoc aux personnes chargées de la taille et du suivi de ces arbres d'alignements?


Les arbres ont la vie dure en ville...


La concentration des différents polluants (Dioxyde de soufre, ozone, micro poussières, aérosols, métaux lourds…) présents dans l’atmosphère des villes ne tuent pas directement les arbres mais l’action continue de ces polluants et leur combinaison les affaiblissent et augmentent leur sensibilité aux agressions.

Outre la pollution, les arbres d’alignement se retrouvent dans un environnement très différent de celui de leur milieu d’origine. Ils se caractérisent par un système racinaire atypique (en fonction des contraintes (canalisations souterraines, etc.) et une couronne contrainte.

Leur cohabitation avec les différents réseaux de distribution (électricité, téléphone, égouts…) leur impose des fosses de plantation toujours trop petites pour un bon développement racinaire. Les revêtements des trottoirs étant imperméables à l’eau, les racines font sauter les pavés et entourent les canalisations à la recherche de quelques gouttes.

Ajoutons à cela les travaux incessants au niveau des chaussées (eau, gaz, électricité, téléphone…). Les racines dans le chemin des tranchées sont systématiquement coupées ou arrachées.

Travaux près des arbres


Quels sont les solutions?

1. Choisir des essences d'arbres adaptées au lieu

Les érables et tilleuls sont à éviter s’ils surplombent une zone de parking!!! Chaque printemps les pare brise et carrosserie sont recouverts d’une substance collante. C’est le miellat produit par les pucerons qui raffolent des jeunes pousses et des bourgeons de ces 2 essences.

Les chênes pédonculés, les platanes, les érables sycomores,…Sont des essences de grands développements pouvant atteindre 30 m de haut. Alors pourquoi les planter dans des rues étroites ou des zones d’appartements. Ils prendront toute la lumière et les demandes iront vers l’étêtage, le rabattement, etc.

Les hêtres ne supportent pas l’exposition directe au soleil…Les trottoirs ne font qu’accélérer leur dépérissement par la réflexion des rayons solaires.

Les marronniers de nos villes sont systématiquement attaqués par des larves de papillon (mineuse du marronnier) Pourquoi s’acharner à replanter ses arbres qui sont condamnés à court terme ?


2. Effectuer des tailles de formation sur les jeunes alignements et bien les entretenir

En réalisant une taille légère et réfléchie au moment de la croissance des jeunes arbres. On évite à l’arbre mature (à l’âge adulte) des coupes sur gros diamètre et le rabattement annuel systématique des rejets que de telles coupes occasionnent. Par exemple à Bruxelles, presque tous les cerisiers du japon dont on coupe des diamètre de branche de plus de 10cm sont malades et dépérissants.

La taille de formation est connue et s’apprend dans les livres et en la pratiquant régulièrement.

Tailler au « feeling » amène rarement à de bons résultats.

La balle est dans le camp des équipes d’élagage communal…


Conclusion:

A l'heure du développement durable... Gérons nos arbres de façon DURABLE. Arrêtons de jeter de l'argent par les fenêtres! Taillons les arbres de manière à ne pas devoir les remplacer trop vite.

Les arbres sont sur terre depuis 380 millions d'années, c'est grâce à eux que nous avons de l'oxygène dans l'atmosphère... Ils aident à réduire de manière significative la teneur en CO2 et rejettent de l'oxygéne.